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No Fake

Par Jean-Laurent Cassely 

Broché (18 €)

Disponible sur Amazon, Fnac ou En librairie

Ebook (12,99)

Disponible ci dessous au format Epub

190 pages

En bref

Vous rêvez d’habiter un lotissement pavillonnaire ? Vous adorez les destinations touristiques de masse ? Les grandes surfaces ? Avoir un métier vide de sens ? Non ? C’est normal.  Après plusieurs décennies d’uniformisation des paysages et de standardisation de l’imaginaire, l’heure est aux expériences authentiques. Chacun d’entre nous aspire à rencontrer de « vraies personnes », à s’installer dans un quartier qui a une « âme », à voyager « hors des sentiers battus »… Mais alors qu’Airbnb, Instagram, les restaurants à la mode et le marketing de la ville cool s’imposent sur le marché du vrai et industrialisent notre aspiration à vivre des expériences « uniques », comment faire la part des choses entre la promesse d’un nouveau monde – où tout serait authentique – et le spectre d’un nouvel âge du fake ?

Ce livre tente de répondre au malaise qui touche des générations entières, tiraillées entre l’appel de la modernité et cette course effrénée à l’authenticité. Il aborde la question sous un jour libérateur et décomplexé : et si une identité parodique, ironique et instagrammable était préférable à pas d’identité du tout ?

Jean-Laurent Cassely est journaliste à Slate.fr, où il chronique la vie et l’œuvre des classes supérieures. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et guides pratiques sur la survie en milieu urbain, dont La Révolte des Premiers de la classe chez Arkhê.

Presse

Marianne

Le livre qui atomise notre quête d’authenticité ! Avec No fake, Jean-Laurent Cassely analyse les ressorts qui poussent notre société à se retourner de plus en plus sur son passé, en le modelant à son goût. Une « réécriture publicitaire de pratiques folkloriques » qui frise le décor. Un livre stimulant, au style réjouissant. Essentiel en tout cas pour affronter notre fake monde.

 

Le Monde

« A force d’avoir fui un monde que nous considérions comme inauthentique, nous avons créé un monde de “l’hyper vrai” qui prend parfois l’allure d’un nou­veau stade du faux », résume le journaliste Jean­ Laurent Cassely, dans son passionnant ouvrage No fake. Contre­histoire de notre quête d’authenticité, à paraître le 19 avril. Parce qu’elle a une conscience aiguë d’elle­-même, parce qu’elle puise dans les modes de vie anté­rieurs comme en autant de catalogues de styles, cette authenticité de synthèse accède dès lors à un niveau paradoxal, que l’on pour­rait qualifier de « fauxthentique ».

 

Konbini

Après La Révolte des premiers de la classe, le journaliste Jean-Laurent Cassely s’est cette fois intéressé à ce phénomène récent et contemporain : la quête perpétuelle d’authenticité. Dans No Fake, il explore les dessous d’un monde où l’on ne jure plus que par les expériences authentiques, en réaction à des décennies « d’uniformisation des paysages et de standardisation de l’imaginaire ». Le livre décortique le phénomène de l' »hyper vrai » et de l’industrialisation tous azimuts de notre aspiration à vivre et partager des expériences uniques… qui n’épargne pas l’univers de la restauration, entre bistrots « dans leur jus » et menus écrits dans des langues qu’on ne parle pas…

Sommaire

Un monde où tout sonne trop vrai

I.
 Astérix chez les hipsters

• Le passé gentrifié
• L’HyperFrance pour les nuls
• Vers un disneyland de l’authenticité ?
• Les exclus du village Astérix

II. 
Comment la France est devenue fake

• Les Trente génériques
• Quand « tout est partout pareil »
• Overdose de générique
• Promenade générique totale

III. 
À la recherche de l’authenticité perdue
• Bienvenue à HipsterVille
• Pourquoi sommes-nous obsédés par l’authenticité ?
• Plongée dans une usine à vrai

2049, Année authentique

Extrait

Un monde où tout sonne trop vrai

Lorsque j’écrivais les dernières lignes de ce livre, mon attention fut attirée par un communiqué de presse reçu dans ma boîte mail, dont l’entête annonçait : « Jean Imbert ouvre un restaurant avec sa grand-mère : Mamie, le 15 mars 2019. » « Toute la carte sera élaborée à quatre mains par Jean et sa grand-mère », détaillait le texte du communiqué, « et sera composée uniquement de plats qu’elle a l’habitude de réaliser et qui ont marqué le chef, de son enfance à aujourd’hui (blanquette de veau, œufs à la neige) »…

Sur son compte Instagram suivi par plus de 352 000 abonnés, le chef « star » avait posté un mois plus tôt une émouvante photo en compagnie de ladite aïeule. Sur ce selfie de famille « liké » par plus de 40 000 personnes, on apprenait que ce projet était pour lui « une évidence, un rêve d’enfant ». Cette grand-mère, ajoutait Jean Imbert, « est la raison pour laquelle j’ai toujours voulu faire ce métier et c’est le sens que je veux donner à ma vie qui soi-disant se passe entre les stars et les USA mais qui n’a plus aucune saveur sans mes racines ». En cliquant sur le lien mentionné à la fin du texte, on accédait à la page d’accueil du site du futur établissement, sur laquelle s’affichait sobrement la mention : « Mamie, par Jean Imbert ». Quiconque se penche sur la question de la quête d’authenticité tombe rapidement sur son pôle opposé, le « faux ». Or ce soupçon de fausseté́, cette accusation d’être fake est très souvent reliée au caractère mercantile d’une entreprise, d’une activité ou d’un individu dont on questionne la sincérité. Les critiques portant sur l’inauthenticité de l’existence moderne rejettent avant tout des biens, des services, des expériences qui s’inscrivent dans l’économie de marché, sont produits ou proposés par des entreprises, endossés par des marques commerciales, distribués par des grandes surfaces ou par des sites marchands et, bien entendu, qui s’obtiennent moyennant une somme d’argent définie, en échange d’un abonnement ou à l’issue de tout autre type de transaction économique réglée en cash, par virement ou en transfert de données personnelles.

Dans un monde où tout s’achète et tout se vend, la grand-mère n’est-elle pas l’ultime gisement d’authenticité, le dernier safe space non-marchand accessible en ville ? Par son âge avancé, elle personnifie la nostalgie vintage d’une époque qui n’arrive pas à se représenter son présent, sans même parler d’un possible futur alternatif aux sombres prédictions des collapsologues. Supposément à la retraite après une vie qu’on imagine simple et heureuse, la grand-mère ne cuisine pas pour se remplir les poches, impressionner la critique gastronomique ou alimenter Instagram en bons petits plats photogéniques. Elle fait les choses de manière pure, simple et vraie… comme elle l’a toujours fait. De fait, il est tentant de voir dans cette invocation de la grand-mère, ce point mamie, un nouveau label d’authenticité, voire un gage de désintéressement. Notons que si la figure de l’aïeule avait déjà été mise à contribution par le marketing avec les « Bonne Maman » ou autres « Mamie Nova », il s’agissait encore d’une représentation générique et largement stéréotypée ; personne n’était encore allé́ jusqu’à débaucher sa propre grand-mère […]