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Les Nouveaux Nomades

Par Maxime Brousse

Broché (19 €)

Disponible sur Amazon, Fnac ou En librairie

Ebook (12,99)

Disponible ci dessous au format Epub

270 pages

En bref

Vanlifers, digital nomads, « tinistes »… voici les nouveaux nomades : ils parcourent le monde au volant de leurs vans, bâtissent leurs maisons sur remorque pour déménager au gré de leurs envies, ou traversent la planète sur un coup de tête. 

Fruit d’une minutieuse enquête sur le terrain et du recueil de nombreux témoignages, ce livre cherche à découvrir s’ils connaissent un bouleversement profond de leurs valeurs. Surtout, il tente de deviner ce que leurs parcours racontent, en creux, de nos vies sédentaires. En effet, après des décennies de statu quo, notre mode de vie traditionnel est aujourd’hui remis en question et notre besoin d’évasion est croissant : comme la plupart d’entre nous, les nouveaux nomades veulent moins de choses et surtout… vivre plus d’expériences. 

Des campagnes françaises aux paradis d’Asie du Sud-Est, en passant par l’Amérique latine, ce livre dresse le portrait de ces voyageurs 2.0 qui réveillent en nous une part de notre humanité longtemps enfouie. 

Prêts à prendre la route ?

Maxime Brousse est journaliste indépendant. Il a écrit pour Slate, Vice, We Demain et Le Journal de Mickey. Il édite la micro-revue Grand Wild, qui interroge les notions d’aventure, de sauvage, de communauté et de société. Les Nouveaux Nomades est son premier livre.

Presse

Usbek & Rica

Voilà un livre qui offre un renversement de perspective intéressant. Alors qu’on déplore à longueur de temps qu’il n’y a plus rien à explorer, plus de terres à découvrir, que l’inconnu n’existe plus, on pourrait se réjouir que de plus en plus de monde parte vivre une vie de bourlingueur. On pourrait, mais le début du livre nous fait vite déchanter

Le Temps

Le journaliste Maxime Brousse nous aide à nous familiariser avec cette communauté qui incarne si bien les aspirations de notre société liquide et mondialisée.

L’Obs

Dans le passionnant livre qu’il a consacré à ces nomades du XXIsiècle, l’auteur revient sur les origines du phénomène et s’interroge sur l’existence d’un « gène du voyage », attribué à l’Homo Sapiens en raison de ses bonnes jambes et de son insatiable curiosité.

Les Échos

Qe ce soit physique ou intellectuel, ce livre donne la bougeotte.

Sommaire

I. Pourquoi on rêve tous de nomadisme
1. Nomades depuis toujours
2. Changer son rapport au monde
3. L’air du temps

II. Qui sont les nouveaux nomades ?
1. Vanlife : éloge du mouvement permanent
2. Tiny houses : foyer, doux microfoyer
3. Digital nomads : le monde entier est un bureau
4. Tous les mêmes

III. Nomades, mode d’emploi
1. Passages à l’acte
2. Comment on vit sur la route
3 . Radical nomads ?

IV. Chez soi, et avec les autres
1. Ce  que  signifie « chez  soi »  quand  notre  maison  bouge  ou qu’on décide de ne pas en avoir
2. Communautés de nouveaux nomades

V. La mise en mouvement du monde
1. La société du voyage
2. Nous sédentaires, face aux nouveaux nomades

Extrait

Nomade[1] adjectif et nom – XVIe siècle.

Étymologie. Emprunté au latin d’époque impériale nomas, -adis, « membre de tribu de pasteurs itinérants », surtout au pluriel, pour désigner des peuplades errantes d’Afrique du Nord. Emprunté au grec nomas, -ados, « qui change de pâturage, qui erre à la façon des troupeaux ou des conducteurs de troupeaux d’un pâturage à l’autre ». Dérivé de « faire paître ».

1–Adjectif. Qui est errant, qui n’a pas d’habitation, d’établissement fixe. Une tribu nomade. Les populations nomades et les populations sédentaires. Par métonymie. Vivre à l’état nomade.

2–Nom. Personne qui a un mode de vie itinérant. Un, une nomade. Les nomades des régions sahariennes. Les campements, les tentes des nomades.

– Droit. Personne ne possédant ni domicile ni résidence fixe, qui circule sur le territoire sans avoir le statut de forain. Terrain réservé, interdit aux nomades.

 Figuré. Vivre en nomade, changer souvent d’habitation, n’avoir aucune attache. Un tempérament de nomade.

 

Une tasse de café fumant en équilibre sur un tableau de bord usé par le temps, des planches de surf harnachées sur la galerie de toit d’un vieux van jaune. L’intérieur chaleureux en bois clair d’une minuscule maison montée sur remorque, entourée de feuillus. Des types de mon âge qui travaillent les pieds dans l’eau avec vue sur des vagues déferlant à l’infini… J’ai vu ces images romantiques et mises en scène envahir l’écran de mon ordinateur depuis mes débuts dans la vie active, il y a une dizaine d’années. D’abord comme un bruissement lointain puis de plus en plus pressant. Comme si elles prenaient de l’ampleur, jusqu’à former une masse plus importante : un mouvement, peut-être.

Dans le même temps, j’ai vu le mot « nomade » apparaître un peu partout dans les villes que j’ai traversées. À Montpellier, où je vis depuis trois ans, c’est le nom d’une agence immobilière, d’un traiteur, d’un réparateur informatique, d’une école de danse et d’un restaurant. « Nomad Concept », c’est même le nom de toilettes postées à l’entrée d’une grande plage bordée de dunes, en Camargue. Une marque de vêtements a intitulé l’une de ses collections « Club Nomade », un créateur de parfums a lancé ses « nomad stories »… Élargissez un peu vos recherches, disons à des termes comme « bivouac » ou « vagabond », et c’est carrément un raz-de-marée. Pourtant, les ethnologues spécialistes des peuples nomades attirent désespérément l’attention sur leur disparition. Ces photos et l’usage de ces mots signifieraient-ils que de nouvelles formes de nomadisme se développent au sein de nos sociétés sédentaires ?

En mai 2019, j’ai entassé quelques affaires dans mon break et je suis parti à la rencontre de personnes qui avaient adopté des modes de vie mobiles pour trouver une réponse à cette question. Dans les Landes, j’ai passé une soirée avec Pierre, qui a transformé un vieux bus scolaire en auberge de surf itinérante. J’ai passé un week-end dans la tiny house de Yann et Charlotte en Sologne, dormant au pied d’un château d’eau en me demandant si les autorités allaient me forcer à lever le camp. J’ai interviewé un Canadien depuis une plage bretonne. Il m’a conseillé un livre de l’écrivain et philosophe naturaliste américain Henry David Thoreau que, le soir même, j’ai trouvé sur l’étagère de l’ami kayakiste chez qui je logeais. J’ai travaillé dans l’espace de travail partagé le plus branché du Cher où j’ai partagé le repas avec des entrepreneurs « full remote ». J’ai aussi passé énormément de temps assis sur une chaise, pendu au téléphone pour recueillir les histoires de voyageurs circulant entre l’Asie et l’Océanie. Je suis resté des heures le nez plongé dans des livres, des articles ou des statistiques pour comprendre si les trajectoires individuelles que je récoltais s’inscrivaient dans un mouvement plus global. J’ai découvert un nouveau langage ponctué d’anglicismes parfois inutiles, de nouveaux modes de vie et une envie d’expérimenter. Quelque part entre la « start-up nation », les ZAD et les ronds-points, j’ai suivi ces nomades d’un genre nouveau : des jeunes naviguant à vue à la recherche d’un monde qui leur convienne.

Les périodes troubles étant propices aux remises en question, il n’y a rien d’étonnant à ce que ces nouvelles formes de nomadisme se soient développées après la crise de 2008. Les dix dernières années ont été elles aussi pour le moins mouvementées, et rien n’indique que l’humanité se dirige vers des rivages plus calmes. Puisque l’avenir est incertain, suivre une voie toute tracée a moins de sens pour une partie des jeunes générations. Certains sautent dans un véhicule et taillent la route, façon hippie 2.0. D’autres optent pour le downsizing et se construisent de petites maisons sur roues. D’autres encore ne perdent pas le sens des affaires et maximisent leurs revenus aux quatre coins de la planète. Vanlifersdigital nomads, tiny houses : ce sont les nouveaux nomades.

Les vanlifers vivent dans des fourgons aménagés qu’ils ont souvent retapés eux-mêmes. Il s’agit fréquemment de couples qui travaillent depuis leurs ordinateurs. Ils documentent leurs voyages, écrivent ou prennent des photos qu’ils publient sur leurs réseaux sociaux ou dans la presse. Ils mettent en avant une éthique de vie plus simple et plus saine que celle des sédentaires, et revendiquent un rapprochement avec la nature.

Les tiny houses sont des « micromaisons » en bois d’environ 15 m2, montées sur remorques. Elles n’ont pas vocation à être déplacées fréquemment, car leur transport peut les fragiliser. J’appellerai leurs habitants des « tinistes », même si certains préfèrent d’autres appellations (notamment le mignon mais redondant « tinynistes »). Certains « tinistes » déménagent tous les ans, d’autres, très rarement.

Les digital nomads sont des personnes dont la localisation n’a pas d’impact sur le travail. Ici, il s’agira plus spécifiquement d’Occidentaux qui ont décidé de quitter leur pays d’origine, généralement pour des pays d’Asie du Sud-Est ou d’Amérique latine. Ils voyagent essentiellement en avion et travaillent dans le numérique.

Ces catégories ne sont évidemment pas figées : certaines personnes peuvent passer d’un nomadisme à l’autre, et vanlifers ou « tinistes » peuvent se définir comme digital nomads.

Comment devient-on nomade, et pourquoi ? Qui sont ces nomades ? Comment s’inscrivent-ils dans la longue histoire du nomadisme ? Dans les récits de voyage, le périple est toujours la métaphore d’un cheminement intérieur – la confrontation au monde doit changer le protagoniste. Les personnes que j’allais rencontrer vivaient-elles, elles aussi, un bouleversement intérieur ? Et qu’allaient-elles me révéler de nos vies sédentaires ?

[1]. Définition et étymologies tirées du Trésor de la langue française informatisé, et de la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française.

Pour aller plus loin : Les nomades n’existent que parce qu’il reste des sédentaires