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Survivalisme

Par Bertrand Vidal

Broché (18,90 €)

Disponible sur Amazon, Fnac ou En librairie

Ebook (11,99)

Disponible ci dessous au format PDF

192 pages

En bref

Réchauffement climatique, pandémie mondiale, tsunami géant, accident nucléaire, black-out généralisé et même… invasion zombie. Parce que les désastres à venir sont aussi nombreux qu’inéluctables, des individus se préparent. Ils entassent des réserves de nourriture, construisent des abris, achètent des armes et s’exercent à la survie en milieu sauvage. Du cinéma à la téléréalité, les industries culturelles se sont emparées du survivalisme, le propageant comme un virus à la culture mainstream, tandis qu’une véritable économie internationale se met en place. Le temps est venu de décrypter ce phénomène qui s’amplifie de jour en jour. Qui sont les survivalistes ? Quelles sont leurs motivations ? Sont-ils des individus lucides et prévoyants ou de nouveaux fanatiques de l’apocalypse ? Des Robinsons postmodernes ou des paranoïaques va-t-en-guerre ? Découvrez la première analyse de ce phénomène qui ne connaît plus de frontières, de la Silicon Valley aux endroits les plus reculés de la planète… et préparez-vous au pire !

Bertand Vidal est sociologue et chercheur à l’université Paul Valéry de Montpellier. Il s’est imposé comme une référence incontournable dans l’étude du phénomène survivaliste et intervient régulièrement dans de nombreux médias comme Le Monde, Libération, Vice ou Les Inrocks.

Presse

Le Temps

Le survivalisme ne concerne plus seulement une communauté d’allumés se préparant à l’apocalypse, mais touche tout notre imaginaire collectif. Alors que même les milliardaires de la Silicon Valley s’offrent des bunkers sécurisés et qu’une frange de scientifiques prêche le désastre, nous attendons avec résignation la fin du monde, dans une dystopie généralisée. Bertrand Vidal, sociologue de l’imaginaire et spécialiste des catastrophes, décortique ce nihilisme moderne dans un essai passionnant […]

 

Usbek & Rica

Bertrand Vidal se plonge depuis des années dans les catastrophes. Depuis sa  thèse entamée en 2008 sur l’imaginaire de la catastrophe dans les médias, il a « découvert les survivalistes » qui pour lui « vivent au quotidien cet imaginaire-là, celui des catastrophes ». Quelques années plus tard, et alors que le trentenaire est chercheur aujourd’hui à l’université Paul Valéry de Montpellier, il consacre un ouvrage dense et informé sur l’origine du survivalisme, et ses déclinaisons contemporaines.

Reporterre

L’essai, à l’image des survivalismes contemporains, cultive l’hétéroclite. À la fois enquête sociologique de terrain brossant des portraits de protagonistes, analyse médiatique des pratiques des réseaux survivalistes en ligne, histoire de la peur dans la société moderne et épistémologie du rôle social de la science actuelle, Survivalisme multiplie les angles d’approche d’un phénomène de société aux enjeux bien plus larges qu’une banale mode passagère.

Sommaire

Prologue

  • L’imaginaire est plus réel que le réel
  •  L’imaginaire anticipe le réel
  • C’est la crise ! Mais…
  • Des alternatives existent
I. Comment j’ai appris à survivre à la fin du monde sur les réseaux sociaux 
  • Vincent tient une chaîne YouTube et donne des conseils sur la survie en milieu hostile
  • Quand la science joue les Cassandre
  • 2 minutes et 30 secondes avant la fin du monde
  • Aux quatre coins du monde, des individus se préparent
  • Et si mon budget ne me le permet pas, comment survivre à l’apocalypse ?
  • Mais alors Vincent est-il vraiment survivaliste ?
  • Les preppers, un survivalisme 2.0

II. Fuir

  • Raffaele a quitté la capitale pour retourner à la terre, ralentir, et sortir du système
  • La vie OTG
  • De l’exode rural à l’exode urbain
  • Métro, boulot, parano : Fabien et son épouse préparent leur évacuation

III. Se cacher

  • Du self-made-man au man-made disaster
  • Maria écoute sonner les cloches de l’apocalypse sur YouTube
  • Le progrès : un mythe décati
  • La petite maison dans la prairie… et les zombies
  • Quand la bise fut venue

IV. Combattre

  • Une volonté (radicale) de changement
  • Un « enromancement » du salut
  • John Rambo Versus Mick Dodge : deux imaginaires de la survie
  • John Rambo, le combattant
  • Mick Dodge, l’homme des bois

V. Le destin tragique des survivalistes ou le syndrome de Cassandre

  • Tout va (pourtant) pour le mieux dans le meilleur des mondes
  • Où est passé l’avenir ?

 

Extrait

L’imaginaire est plus réel que le réel

Pour la plupart des Nord-Américains, l’année 1973 est marquée du sceau de la pénurie. Un embargo pétrolier décidé par les pays producteurs de pétrole fait passer le prix du baril de 3 dollars à près de 12, déclenchant immédiatement un effondrement de la bourse – une chute de plus de 45 % des valeurs de l’époque. Les États-Unis entrent alors dans une période de récession économique qu’ils n’avaient pas connue depuis la Grande Dépression. Rapidement, l’essence, puis l’électricité et même les oignons viennent à manquer – une situation que n’avaient pas du tout anticipée les citoyens privilégiés du « pays de l’opulence ».

En novembre 1973, le choc pétrolier a d’ores et déjà atteint le Japon où des rixes éclatent dans les centres commerciaux. Puis… au beau milieu de cette tourmente financière, se manifeste la pénurie la plus mémorable de toutes… Au début, celle-ci passe relativement inaperçue – mais pas auprès d’Harold Froelich, représentant du du Wisconsin au Congrès. Quelques mois après son entrée en fonction, face aux nombreuses plaintes de ses électeurs au sujet du manque d’approvisionnement de papier, il publie un premier communiqué de presse : l’imprimerie du gouvernement fait face à une pénurie de papier, largement ignoré. En revanche, quelques semaines plus tard, lorsqu’il découvre que le National Buying Center n’arrive plus à fournir la quantité nécessaire de papier hygiénique à ses employés, il convoque à nouveau la presse et déclare, le plus sérieusement du monde :

Les États-Unis pourraient être confrontés à une grave pénurie de papier hygiénique d’ici quelques mois. Nous espérons que nous n’aurons pas à le rationner… Une pénurie de papier hygiénique n’est pas matière à rire. C’est un problème qui peut potentiellement toucher tous les Américains.

Cette fois Froelich tape dans le mille. Aiguillonés par le climat de pénurie et de marasme économique qui touche le pays, les agences de presse dépêchent rapidement leurs envoyés spéciaux, ceux-ci relayent – non sans un sens aigu du sensationnalisme – la déclaration de l’élu, en prenant soin d’escamoter l’emploi du conditionnel et des modalisateurs (comme « potentiellement »). L’information tourne dans tous les lives télévisés, en direct des usines de production de papier hygiénique…

Au final, c’est Johnny Carson, l’humoriste aux commandes du Tonight Show, regardé religieusement par plus de vingt millions de téléspectateurs, qui fait basculer les choses le 19 décembre de la même année :  Vous savez, nous avons toutes sortes de pénuries ces jours-ci. Mais avez-vous entendu la dernière ? Je ne plaisante pas. Je l’ai lu dans les journaux. Il y a une pénurie de papier toilette !

Message reçu par les téléspectateurs puisque, dès le lendemain, dans presque tous les supermarchés du pays, se presse une foule angoissée, se ruant pour amasser le plus grand stock possible de papier toilette. Devant ce chaos, les dirigeants des grandes marques appellent les clients au calme, mais les gérants de supermarchés commandent des quantités astronomiques de papier toilette, tout en imposant un quota maximum de deux rouleaux par personne. Les prix enflent et passent de 39 à 69 cents le rouleau, ce qui n’empêche pas les clients d’acheter. Suite logique de ce comportement, la pénurie devient réelle et perdure jusqu’en février 1974 ! En l’espace de quelques semaines, le papier toilette est devenu une denrée rare […]