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L’Empire romain… par le Menu

Par Dimitri Tilloi-D'Ambrosi

Broché (18,90 €)

Disponible sur Amazon, Fnac ou En librairie

Ebook (12,99)

Disponible ci dessous au format PDF

192 pages

En bref

Préférez-vous les langues de flamants roses, la laitance de murène, les glandes de sanglier, les têtes de perroquets, ou une mono-diète à base de fèves ? De l’orgie à l’ascétisme, des plantes miraculeuses aux régimes stricts jusqu’à la diététique, la diversité et le génie gastronomique romain continuent de hanter notre imaginaire et de nourrir notre quotidien. Nos préoccupations actuelles ne datent pas d’hier : déjà sous l’Empire, les Romains faisaient grand cas de la provenance des aliments, de leurs vertus médicinales et de leur exotisme. Cet ouvrage redonne vie à ce monde disparu et nous invite dans l’intimité des citoyens romains, sur les marchés, dans les cales des vaisseaux sillonnant la Méditerranée, sous la tente des soldats ou dans les riches demeures des philosophes et des empereurs.

« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es » : l’Empire Romain comme vous n’y avez jamais goûté.

Agrégé d’histoire et spécialiste de l’Antiquité, Dimitri Tilloi-D’Ambrosi est chargé de cours à l’université Lyon III. Ses recherches portent sur l’alimentation, la diététique et la médecine à l’époque romaine.

Presse

Vice

Ce que les Romains bouffaient vraiment. Chou, bouillie de céréales ou encore cervelles de paons et crêtes de coq : une analyse historique et sociale du régime des sujets de l’Empire Romain. Dans L’Empire Romain par le menu, publié aux éditions Arkhê, Dimitri Tilloi-D’Ambrosi, doctorant en Histoire romaine à l’Université Jean Moulin Lyon III, va à rebours des clichés véhiculés par la culture populaire. Il montre notamment que l’alimentation des Romains est protéiforme, que les riches et les pauvres ne se nourrissaient pas de la même manière et que le quotidien s’articulait plus autour de légumes comme le chou ou le navet que du loir rôti dans une jarre […]

Compitum

La mise en perspective des pratiques culinaires avec les préceptes diététiques constitue une approche neuve. Loin des idées reçues, l’auteur rétablit ainsi une vision plus proche des pratiques et des discours de l’époque sur le fait alimentaire, dévoilant une réalité historique riche et complexe […]

France Culture

Comme disait Lévi-Strauss, ce qui est bon à manger est aussi bon à penser, et les plaisirs de la table sont indissociablement culinaires et culturels. C’était déjà vrai chez les Romains, comme le montre Dimitri Tilloi-D’Ambrosi dans un livre paru chez Arkhê : L’Empire romain par le menu […]

Sommaire

Extrait

Le triclinium, théâtre domestique de la cena

Les convives prenant part au repas autour du maître de maison se retrouvent au sein d’une partie de la domus (maison) entièrement dévolue à cet usage : le triclinium. Bien plus qu’une salle à manger, il s’agit d’une pièce d’apparat, où l’on peut admirer les décors les plus somptueux de la maison romaine. Au début de l’époque républicaine, il n’existait pas de pièce spécifique dédiée aux repas, qui se prennent alors dans l’atrium, une pièce de réception proche de l’entrée s’organisant autour d’un bassin où sont recueillies les eaux de pluie. Le développement d’un espace idoine nous montre bien la place croissante prise par le repas et la gastronomie dans les pratiques domestiques.

L’architecture du triclinium est pensée de façon fonctionnelle afin de permettre le bon déroulement du repas. Le célèbre architecte Vitruve expose, de manière très laconique, les proportions idéales de cette pièce et sa place dans la demeure :

« Les salles à manger doivent être deux fois aussi longues que larges. La hauteur de tous les appartements qui sont oblongs, sera déterminée de cette manière : on en réunira la longueur à la largeur, et du tout on prendra la moitié : cette moitié sera la mesure qu’on lui donnera » 

Cette pièce est souvent de forme rectangulaire, percée d’une porte sur un de ses côtés afin de permettre aux serviteurs d’apporter les plats. Le long des autres murs, les lits de repas, les triclinia, qui ont donné leur nom à la salle à manger, permettent aux convives de s’allonger pour dîner. Sur chaque lit, deux à trois convives peuvent prendre place pour banqueter. Devant eux, une table basse de petite dimension permet de poser les assiettes où l’on se sert avec les doigts.

Sur le plan archéologique, au-delà de sa position dans la maison, le triclinium est aisément identifiable grâce aux mosaïques que l’on trouve sur son sol. En effet, le schéma des mosaïques met souvent en évidence un « U » en adéquation avec la disposition des lits. Au centre de la pièce, les invités peuvent, tout en mangeant, admirer la grande mosaïque qui s’étale sous leurs yeux. Parmi les thèmes les plus fréquemment représentés, les sujets mythologiques occupent une place importante. Dionysos est ainsi souvent figuré, puisqu’il est le dieu du vin, sous la protection duquel les banqueteurs se placent. L’iconographie présente aussi les saisons et les fruits de la terre, dont on peut admirer un magnifique exemple au Musée Gallo-romain de Lyon. Enfin, ce sont aussi des natures mortes (xenia) qui peuvent s’offrir au regard, tels des fruits de mer, apparaissant comme fraîchement pêchés, en particulier dans les riches demeures établies sur les côtes. Les natures mortes permettent de suggérer aux convives les victuailles sur le point d’être dégustées, comme une mise en bouche destinée à susciter l’appétit et de souligner la qualité des mets. Le mot xenia désigne également les cadeaux que le maître de maison peut faire aux invités, souvent sous forme de plats que l’on peut ramener chez soi, témoignant des pratiques d’hospitalité.

L’organisation du triclinium évolue au fil de la période. En effet, pour l’essentiel de l’époque républicaine et du Haut-Empire les lits sont disposés en « U » comme nous venons de le voir. Plus tard, les lits sont établis en demi-cercle, on parle alors de stibadium. Cette disposition doit permettre aux convives de prendre place plus aisément. Elle permet également une meilleure communication et davantage d’égalité entre les participants au banquet. D’ailleurs, les premières représentations iconographiques de la Cène, le dernier repas du Christ, reprennent ce modèle, qui correspond à l’idéal de fraternité entre les apôtres partageant le pain et le vin.

Mentionnons aussi l’existence de salles à manger d’été (triclinium aestivum). Les banquettes destinées à accueillir le lit peuvent être maçonnées et disposées autour d’un bassin, qui permet alors de se rafraîchir tout en observant le spectacle des poissons qui y évoluent. Les convives peuvent prendre place sous une tonnelle, se mettant ainsi à l’abri de la chaleur. Ce modèle se rencontre régulièrement dans les maisons de Pompéi, mais aussi dans celles des provinces, comme à Saint-Romain-en-Gal, signe de la diffusion des raffinements romains. Dans certains cas, des lampes pouvaient être disposées sous les lits dans des espaces creusés à cet effet, afin que la lumière se reflète sur l’eau des bassins à la tombée de la nuit. La grande propriété pompéienne de Julia Felix, qui faisait également office d’auberge, disposait d’un triclinium aux couches plaquées de marbre. Une fontaine laissait filer l’eau en cascade le long du mur, avant de s’écouler dans un bassin, au milieu des convives.

Enfin, les parties de campagnes étaient une pratique courante à l’époque. Le Déjeuner sur l’herbe de Manet avait donc de lointains précédents. Ces pique-niques pouvaient être organisés dans le cadre de parties de chasse, pour partager un moment de convivialité à l’occasion de cette pratique aristocratique. Plusieurs représentations iconographiques de ces repas champêtres existent, en particulier sur la célèbre mosaïque de Piazza Armerina en Sicile, datant du ive siècle, où les mangeurs savourent leur repas dans un paysage bucolique […]