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La Part du Juge

Par Pascale Robert-Diard

Broché (15,50 €)

Disponible sur Amazon, Fnac ou En librairie

160 pages

En bref

Qui a été confronté à la justice ou s’intéresse aux affaires judiciaires a parfois le sentiment d’une gigantesque loterie. D’un juge à un autre, d’un tribunal à une cour d’appel, l’appréciation des faits fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Au fil des affaires de mœurs, d’endettement, d’animaux domestiques récalcitrants, de picrocholines querelles de voisinage ou de grands scandales publics, Pascale Robert-Diard déshabille les juges, avec ironie et légèreté. Elle révèle, à travers leurs dilemmes et leurs combats, la part insoupçonnée d’humanité de ces personnages emblématiques de la justice.

Que les justiciables soient précaires, stars du football, du cinéma ou de la politique, Pascale Robert-Diard démontre l’existence d’une « part du juge », véritable marge d’imagination et de création. Plongez-vous dans cette série de chroniques mordantes : elles retracent l’évolution de la justice face aux mœurs et offrent un panorama inédit de la société française.

Journaliste au Monde où elle est chargée de la chronique judiciaire, Pascale Robert-Diard a suivi les plus grandes affaires de ces quinze dernières années. Son dernier essai, La Déposition (L’Iconoclaste) a été finaliste du prix Femina 2016.

 

Presse

Nova

Elle a écumé les procès. Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au journal Le Monde, sait tout de la grande loterie du tribunal – ainsi que de ces personnages méconnus et pourtant essentiels que sont les juges. Elle a été avec nous en première partie d’émission, à partir de 7h30, à l’occasion de la sortie de son livre La Part du Juge à paraître le 23 septembre aux éditions Arkhè.

 

Sommaire

I. Le bon juge magnaud

II. L’anneau de gollum

III. Les prévenus politiques face aux petits pois

IV. De Brigite Bardot à dsk, le juge, l’arbitre des bonnes moeurs

V. Bataille de people au tribunal

VI. Quand la basse-cour entre au prétoire

VII. Annexe

Extrait

L’héritage du bon juge

La part du juge longtemps fut invisible. Ni dans sa décision, ni dans l’institution qui l’abrite, sa parole n’émergeait. Puissant sous l’Ancien Régime, le corps judicaire avait sombré après la Révolution. Les juges devaient être les exécutants muets de la volon- té générale. Ils n’étaient, selon Montesquieu, que des « bouches de la loi, être inanimés qui n’en peuvent modérer ni la force, ni la rigueur ». Aucun corps intermédiaire ne s’interposait entre le peuple et ses repré- sentants. Pour longtemps, la magistrature se plaçait dans l’ombre du pouvoir politique. Si le XVIIIe siècle fut celui de sa gloire, le XIXe fut incontestablement son siècle noir. Depuis lors, ce paysage s’est cristallisé dans les institutions et les mentalités. La seule raison d’être de ce fonctionnaire anonyme qu’est le juge est d’appliquer une loi voulue par un pouvoir démocratiquement élu.

Comment ce système scellé depuis deux siècles a-t-il pu être ébranlé ? C’est le thème sous-jacent de ce livre issu d’une série d’articles publiés dans Le Monde, où Pascale Robert-Diard fait la chronique d’une ren- contre : celle d’une société avec sa justice. On y décèle au fil de la lecture la discrète révolution démocratique qui revisite la figure du juge. Les réformes législatives sont marginales à cet égard. C’est bien la société elle- même qui par moments a secoué le joug de la magistrature en lui confiant ses doléances. C’est elle qui a plaidé pour une meilleure reconnaissance de ses exigences. Au terme d’un parcours accidenté, une autre identité collective a pu naître. Le corps judicaire s’est ainsi réveillé après un long sommeil.