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(Dans) La Baignoire d’Archimède

Par Jules Zimmermann

Broché (18,50 €)

Disponible sur Amazon, Fnac ou En librairie

Ebook (11,99)

Disponible ci dessous au format Epub

192 pages

En bref

Pourquoi Archimède trouvait l’inspiration dans son bain ? Comment Edison a inventé l’ampoule ? Pourquoi Poincaré faisait ses plus grandes découvertes à des moments inattendus ? Quelles techniques utilisait le scénariste des Monthy Python ?

Vous n’avez peut-être jamais eu, comme eux, l’idée d’une technologie révolutionnaire ou développé de grands projets artistiques… pour autant, la créativité s’invite chaque jour dans notre quotidien, de l’éducation de nos enfants à l’accommodation des restes de nos placards. 

Et, bonne nouvelle, elle se travaille ! 

En s’appuyant sur les sciences cognitives et de nombreuses méthodes, ce livre invite à comprendre comment naissent les idées et à déconstruire la notion même de créativité. Vous apprendrez pourquoi il est souhaitable d’aller au-delà de vos premières intuitions ; d’adopter un juste usage de la critique ; d’enquêter sur un problème en remontant à ses racines ; d’accorder à vos idées une « présomption de pertinence » ; de rebondir sur les hasards et les opportunités, et surtout… de prendre votre temps.

Après l’avoir lu, vous ne direz plus : « Ça ne marchera jamais », « J’ai toujours fait comme ça », « Il n’y a qu’une seule solution » ou, pire encore… « Je ne suis pas créatif ! ».

Préparez-vous à plonger dans votre propre baignoire d’Archimède et à explorer les dessous de la créativité.

Jules Zimmermann a étudié les sciences cognitives à l’École Normale Supérieure. Formateur et conférencier, enseignant à l’université, il expérimente une nouvelle pédagogie de la créativité. 

Presse

La Dépêche

Un ouvrage éclairant sur les techniques qui peuvent nous aider à résoudre plus facilement et plus rapidement des problèmes que nous nous posons au travail, mais aussi dans notre vie personnelle.

 

Slate

Les personnes au quotient intellectuel élevé sont-elles plus créatives ? Un ouvrage qui décrypte la créativité à travers les sciences cognitives.

Sommaire

DU « GÉNIE CRÉATIF »AUX IDÉES SOUS LA DOUCHE

I.
FAUT-IL ÊTRE UN GÉNIE POUR AVOIR DE BONNES IDÉES ?

II.
LA CRÉATIVITÉ A-T-ELLE UN MODE D’EMPLOI ?

III.
ÊTRE CRÉATIF, ÇA S’APPREND ?

IV. 
LA BONNE RÉPONSE N’EXISTE PAS !

V.
UNE BIENVEILLANCE IMPITOYABLE

VI.
QUAND NOS INTUITIONS NOUS AVEUGLENT

VII.
SAVOIR CE QUE L’ON CHERCHE

VIII.
SAVOIR PRENDRE SON TEMPS

UNE CERTAINE IDÉE DE LA CRÉATIVITÉ

À VOUS DE JOUER !

Extrait

I.
FAUT-IL ÊTRE UN GÉNIE POUR AVOIR DE BONNES IDÉES ?

Il est omniprésent de nos jours, pourtant le mot « créativité » n’apparaît que très récemment. On ne commence à l’employer qu’à l’aube du XXe siècle et il faut attendre 1971 pour qu’il fasse son entrée dans nos dictionnaires, remplaçant ainsi « l’inspiration divine » ou le « génie créatif », deux conceptions mystifiées de la naissance des idées qui exercent encore une forte influence.

Le mythe de l’inspiration

Durant l’Antiquité, on considère que ce sont les Dieux qui logent les idées dans l’esprit du poète. Platon se représente celui-ci comme un intermédiaire entre les  entités divines et les mortels. Ses vers ne seraient pas vraiment le fruit de son propre talent. Ils lui seraient soufflés par des esprits. À cette époque, on ne parle pas de créativité mais d’inspiration, définie comme un « mouvement de l’âme dû à une influence divine ». Derrière ce mot, il y a la croyance que l’on puise nos idées de l’extérieur. On inspirerait une idée comme on inspire une bouffée d’oxygène. Cette représentation persiste jusqu’à la fin du XIXe siècle, en particulier chez les artistes. Par exemple, Rudyard Kipling, auteur du célèbre Livre de la Jungle (1894), explique suivre son « démon » pour écrire et se retrouver dans un état semi-inconscient :

Quand ton Démon est à l’œuvre, n’essaye pas de penser consciemment. Laisse-toi porter, patiente et obéis.

À partir du XVIIIe siècle, l’attention se porte sur la notion de « génie créatif », que l’on décrit comme « une
capacité innée impliquant l’imagination associative […],
le jugement et l’évaluation des idées produites ». C’est déjà une certaine évolution par rapport au mythe de l’inspiration divine : on considère cette fois que l’être humain invente lui-même ses idées. En revanche, on se représente toujours la créativité comme un phénomène rare et déterminé à la naissance. Il y aurait quelques créatifs de naissance et les autres, les personnes ordinaires.
Ces deux visions continuent de nous influencer aujourd’hui. Nous n’attendons plus des dieux grecs ou d’un démon qu’ils nous fassent don de leurs idées lumineuses mais il est encore commun de penser que les idées viennent à nous et non l’inverse. Nous n’aurions d’autre choix que de rester passifs, impuissants face aux caprices de l’inspiration. Nous héritons également d’une vision instinctive de la créativité : celle-ci n’admettrait aucune forme de raisonnement conscient ou verbalisable. Bref, pour avoir des idées, le mieux serait d’éviter de trop réfléchir. Quand on parle des grands scientifiques, des innovateurs ou des artistes, on préfère les qualifier de génies plutôt que de voir en eux des travailleurs acharnés. En plaçant la créativité hors de portée du commun des mortels, on conduit de nombreuses personnes à se croire incapables d’en faire preuve et à abandonner toute tentative d’avoir des idées, comme s’il s’agissait d’une fatalité. Un phénomène proche de celui à l’œuvre dans l’enseignement des mathématiques, lorsqu’un élève jette l’éponge, convaincu de n’être « pas fait pour les maths ». Ces anciennes représentations ont donc entretenu une conception « extraordinaire » de la créativité :

– Passive : les idées viennent à nous et pas l’inverse.
– Instinctive : la créativité suit des principes inconscients dont la logique nous échappe.
– Rare : la créativité ne concerne que très peu d’individus.
– Innée : on naît créatif, on ne le devient pas.
Mais celle-ci va basculer avec l’invention de l’idée de « créativité » par les psychologues.

La créativité, une capacité universelle ?

Avant les années 1950, notre capacité à inventer et à forger des idées intéresse peu les scientifiques. Quand ils abordent la question, c’est sous l’égide de l’invention, du génie ou encore des enfants surdoués. Puisque l’on continue de se représenter le créatif comme un individu hors-norme, la plupart des recherches du début du XXe siècle se focalisent sur l’étude d’artistes, de scientifiques ou d’inventeurs de toutes sortes.
Les récentes recherches en psychologie vont alors marquer un tournant. En utilisant le terme de créativité, les scientifiques ne désignent plus un talent rare, mais une capacité universelle à produire des idées dont on peut observer les expressions diverses au quotidien. Avec la psychologie, la créativité devient ordinaire.
Un pionnier décisif de cette évolution est le psychologue américain Joy Paul Guilford. Il observe que très peu de travaux de recherche ont été dédiés à la créativité. Les psychologues semblent réticents à l’étudier. En 1950, dans une conférence devenue célèbre, il appelle ses collègues à donner plus de crédit et à consacrer davantage d’attention au sujet. Dans cet appel, il s’oppose fermement à la croyance en un don qui serait absent chez la plupart d’entre nous. Pour lui, les « non créatifs » n’existent pas. Certes, certains se démarquent par une créativité très développée, mais nous sommes tous capables d’actes créatifs, même faibles et peu fréquents.
J’aborde le sujet de la créativité avec beaucoup de prudence, car il s’agit d’un domaine dans lequel les psychologues ont eu généralement peur de s’aventurer […] C’est une fausse idée de penser qu’une personne créative est dotée d’un talent particulier que les personnes ordinaires n’ont pas. Cette conception peut être réfutée par les psychologues. […] La conviction générale des psychologues est que tous les individus possèdent un certain degré de toutes les capacités, à part dans le cas de pathologies.